04.05.2012

Petit rêve de gosse...

Petit rêve de gosse


(Pour suivre le récit, voilà la trace de mon vol d'hier: http://parapente.ffvl.fr/cfd/liste/2011/vol/20113863)

Et les photos ci-dessous !

Quand on est gosse, on a toujours ce genre de rêve qui entretient notre envie de progresser, notre envie de persévérer dans l'activité qui nous passionne.Je crois que si l'on n'est pas capable de rêver en parapente, on ne va pas bien loin. C'est un sport tellement frustrant, qui donne quelquefois si peu en plaisir immédiat, qu'il faut assouvir nos désirs inassouvis par le rêve.

Le vol que j'ai fait hier, je l'ai rêvé plusieurs fois. En fait, si vous saviez le nombre de vols auxquels j'ai rêvé... 

A force de faire le chemin aller en voiture, on s'éprend de l'idée de rentrer par la voie des airs. On se dit que forcément il y a un thermique ici, et là...

Cela faisait un moment que j'avais entré la balise du lac de Vesoul, au cas où l'occasion se produirait...

Je surveillais cette journée de jeudi depuis dimanche soir, sorte d'espoir dans ce chaos météorologique actuel. En plus le flux devait passer au sud... 

Mais au fur et à mesure des jours, le flux s'orientait de plus en plus à l'ouest, sud-ouest. J'ai donc pensé à Dijon, mais les zones aériennes sont trop contraignantes.

Donc je tenterai le retour quelque soit les conditions ! Parce que j'avais deux armes secrètes : ma nouvelle machine, cette magnifique IP6, et... la flèche de mon GPS ! Car il y a une force intrinsèque aux compétiteurs : rien ne les arrête quand cette sorte de fil d'Ariane les guide, information graphique presque totalitaire tant elle agit, tantôt positivement tantôt négativement, sur leurs cerveaux rompus à la recherche de la ligne parfaite.

 C'est comme ça que l'on se retrouve Béné, Guigui, Thomas moi au déco ouest. Et comme d'habitude, le traditionnel trou de ciel bleu est bien là ! Partout des cums, sauf à 10 kms à la ronde autour du Poupet. Parfait ! Guigui regrette déjà de ne pas être rester chez les dinosaures deltistes de Dijon, Béné de ne pas être resté à la Réunion, et Thomas... Ah ben non, il est à fond !

J'ouvre le bal à 13h45. Et ça commence plutôt très mal... Après quelques aller/retour devant l'ouest, ce qui a l'art de m'énerver quand ça ne monte pas un caramel, je file droit devant dans les Chamoz, où il n'y a rien... Je fais un point bas à 580m, trouve une bulle que je dérive en catastrophe, pour tenter de revenir en appui au-dessus de la pente à Cyril. Ce que je parviens à faire. Cela me permet d'ouvrir les yeux deux minutes, de voir Thomas, déjà bien haut, Guigui au niveau du déco, et surtout trois milans qui tournent devant et m'offrent la porte de sortie de cette galère. La pression redescend...

 Ce thermique me permet d'aller voir aux méhauts où de pitoyables nuelles trônent tristement, sans montrer de signes d'activité. J'attrape un cycle, Guigui ne le trouve pas aussi bien et l'on se sépare déjà... Pas bon vu l'état de la masse d'air. Et ce GPS qui m'annonce 74 kms to goal...

J'arrive finalement à me hisser à 1100m pour me jeter, c'est le terme exact, sur la crête qui va à Quingey. J'attrape la pompe à 460m au commencement de la crête, elle me lâche à 700m... J'avance, fais demi-tour car je sens que quelque chose me tire vers Port-Lesney et la butte qui surplombe le village. J'attrape un vario misérable qui me monte à 730m et je rebascule sur la crête pour avancer. Près de Buffart, je remonte à 750m... Je hurle après cette saloperie d'inversion qui stoppe tous mes thermiques à la même altitude ! A en perdre espoir. Tant pis, je persévère en me disant que l'habituel gros thermique de Lombard va me sortir de se pétrin...

Mais de nouveau, il n'y a qu'un misérable thermique qui me permet tout juste de reprendre 200m sur la crête de Byans. C'est pourtant des faces sud. Je ne comprends pas encore bien le schéma de cette journée...

 Mais la voix de Raph me revient dans ce moment de pure galère, et me dit qu'il faut toujours mieux se diriger vers les cums, même les plus cadavériques. Cela vaut toujours mieux que le bleu...

Cela tombe bien, il y en a de jolis autour de Quingey. Je coupe donc sous le vent de la montagne, dans une ligne porteuse mais turbulente (normal quoi). Et juste là, dans le col entre Abbans-dessus et Quingey, le monstre m'attrape ! Il va me permettre de remonter de mes 500 misérables mètres, à pratiquement 1900 m dans du 5m/s intégré dans la partie la plus puissante de la bête. Je suis au-dessus de tous les plafs de la région en quittant le thermique. Pourquoi ? Je pense que c'était un thermique de confluence. Il était d'ailleurs plutôt turbulent. Cette confluence devait prendre naissance de la rencontre entre le flux d'ouest qui dégueule du plateau d'Abbans et le flux de sud en vallée de Quingey.

Maintenant je respire...

J'enquille un glide de 10 bornes, le tout à 11 de finesse et à 50km/h... Ca va comment une IP6 déjà ? Ca va très bien ! Sous le nuage à l'ouest de Rancenay, je reprends 500m, pour un plaf à 1600m. Nouveau glide de 10 bornes, 12 de finesse, vent de travers... Ca va comment une IP6 déjà ? Ca va très très bien !

A Miserey-Salines, je misère (sans mauvais jeu de mots) ! Je fais difficilement 1050m dans un 0,5. Tout est bleu devant, seulement quelques nuelles pathétiques me font garder un peu d'espoir pour la suite. En plus la dérive est moins sud que je le voudrais, mais je fais avec, en remontant à chaque fois un peu au vent quand je quitte le thermique.

Un petit thermique à l'Est de Geneuille me permet de reprendre 600m, pour un plaf à 1200m. D'ailleurs je dépasserai rarement 1300m pour la fin du vol. Les thermiques sont hyper mobiles et les cycles courts ce qui rends leur exploitation difficile.

Je commence à avoir le schéma de la journée bien en tête : je prospecte dans les zones où apparaissent de petites nuelles, en jouant avec le sous le vent des nombreuses forêts du coin. Et ça paye souvent.

Ainsi, je retrouve un thermique du côté de Boult, enfin un peu plus consistant avec des pointes à 2m/s. 1400M, l'espoir demeure. Je suis maintenant à 30 bornes du but.

Un cum, moins ténu que les autres, trône en plein milieu d'une forêt. Je file m'y réfugier. La topographie est excellente, il y a de nombreuses coupes de bois, donc très protégées du flux. Je laisse naviguer la machine pour qu'elle me dégote le thermique, ce qu'elle fait très bien en prenant un cap plus à l'ouest que celui que j'avais avant. Je coince le barreau, et rentre dans un bon 2,5m/s qui me remonte à 1500m. J'y crois ! Ca va le faire ! Mais la dernière difficulté est devant moi...

C'est le grand bleu avant Vesoul... même pas une nuelle 15 kms devant. Pourtant le ciel est encore beau autour. Je laisse glisser la machine en optimisant le plané sur 7kms de transition, le temps de réfléchir un peu, de me mobiliser pour réussir ce vol. Je vois deux options : une petit butte en forêt avec un possible déclenchement sous le vent, où une petite « crête » (d'à peu près 50m de dénivelé...) avec un déclenchement au vent. Je sais qu'il ne faut pas se louper à ce moment...

Ma première option, heureusement, fonctionne. De nouveau l'IP6 a redressé l'axe idéal et je suis dans une bonne pompe maintenant, qui me remonte à 1450m. Je sais que c'est presque gagné, je vais récupérer quelques nuelles, il ne me reste plus que 20 kms à faire.

Un thermique me remonte à 1250 au sud-est d'Echenoz-le-sec, puis je vais chercher le cum sur la forêt à l'ouest de Vellefaux où je refais 1350, de nouveau sans pouvoir atteindre le nuage.

C'est gagné ! Je suis à l'orée de Vesoul, largement en finesse. Je crie un bon coup, et je vais enrouler au-dessus du petit site d'Echenoz, où je remonte à 1400m pour admirer un peu la vue sur les Vosges, qui paraissent à la fois si proches et encore si loin, le lac, la ville. Je prends quelques photos.

Et commence mon approche au-dessus d'un champs... où une mongolfière déplie !

Je pose comme une fleur, à pratiquement 18h. Le téléphone chauffe. Thomas est un peu dégoûté, il est parti un peu avant moi et pose à Quingey. Le début de vol était tellement moisi... L'aérostier vient me dire bonjour et me demande si je viens de décoller du petit site d'Echenoz. Je lui dis que je viens du Poupet. On échange un peu sur les conditions, sur nos activités respectives. Et puis il s'envole, moi je replie et rentre à l'appartement à pied.

Je croise des jeunes qui me demande une clope en mode wesh wesh. Je leur répond que non, et passe mon chemin en me disant que j'ai bien de la chance d'avoir une passion comme la parapente...

Je dis bonjour à tout le monde chez moi. Oui aujourd'hui, je suis rentré en vol :).

Le truc c'est que ma voiture est au déco... Avouez que c'est con, hein ?

Mais c'est aussi ça qui fait tout le charme de ce genre de vol. Pendant tout l'aller à Besançon en bus, je me remémore tous les endroits où je suis passé, en pouvant les visualiser depuis le sol.

Je rêve d'un retour par les airs improbable mais pas impossible à l'atterrissage de croix-merin, au soleil couchant... Je rêve d'un posé à l'aérotech au pied du treh...

Je rêve pour entretenir ma motivation.

Un grand merci à Charles pour m'avoir ramené au déco pour récupérer ma voiture abandonnée, et un coucou à Jean-Marie et Benoît que j'étais content de voir hier soir.

Bons vols à tous !

Max

Ps : Ah oui, ça fait 80,7 kms, et heureusement que je pose à Vesoul parce que sinon j'explosais la zone de Luxeuil.

29.04.2012

Un mois d'avril d'anthologie !

Avec ce mois d'avril d'anthologie, je n'ai pas le temps de publier en ce moment... Non ça c'est la version 2010/2011. Je la refais.

Avec ce mois d'avril d'anthologie, je n'ai rien rien à publier... voilà qui est mieux ! Le bon cru bien pourri de 2012 !

Du coup, mon Icepeak 6 dormait bien tranquillement dans son sac depuis... trop longtemps ! Mais miracle, grand miracle, hier nous avons réussi à voler un peu. Premiers petits thermiques avec L'IP6, premiers thermiques depuis un mois pour atteindre péniblement les 35h de vol cette saison... Une misère !

Petit résumé de la journée d'hier par Thomas avec comme Star, L'IP6 Alien Abac Style, filmée sous tous les angles !

 En plus la PWC d'Annecy approche à grand pas, avec un niveau apparemment très relevé. Il est temps d'ajouter un peu d'heures sous cette belle machine même si je sais qu'il n'y en aura pas beaucoup plus au compteur: une nouvelle semaine d'anthologie s'annonce !

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En tout cas, venez nombreux admirer le spectacle du 12 au 19 mai autour du Lac d'Annecy. Ca devrait être énorme !

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A bientôt, sous des cieux plus propices j'espère !

02.04.2012

Première compète de l'année !

Une bien jolie compète sport ce week-end à Montlambert ! Beaucoup de monde, 112 pilotes inscrits plus une dizaine qui volaient à côté de la compète ! J'avais rarement vu autant de monde aux inscriptions du samedi matin.

Deux belles manches, de 50 kms. Et tout ça avec un truc à winglet, gran cru 2006, et quatre lignes de suspentes... La, y'a du handicap !

Deux anecdotes:

- La première lors de la première manche. Avant dernière balise à l'Ebaudiaz. En revenant, je fais 2800 au Grand Arc. A ce moment. je suis dans les 8/10. Mon GPS me dit 7 de finesse pour le goal en passant par  une balise en plaine au nord-est de l'attero. Je ne crois pas à cette transition, mais alors pas du tout ! 17kms quand même ! J'anticipe le passage dans la brise... Je vais donc me refaire à l'Arclusaz avant de rentrer au goal, bien sous le vent du nord d'ailleurs. Pas grave, avec la taule que j'ai au-dessus de la tronche... Et je rentre pépère, sattelisé genre I'm the king of the world, persuadé que les 3/4 seraient posés en chemin... hé ben quedal ouais, ils sont tous là et je suis vert ! 16 ème de la manche au final...

- La seconde lors de la deuxième manche... Yves Goueslain seul au goal. La brise est rentrée fort, j'ai posé limite marche arrière à Chamoux. On lui pose donc la question: "comment as-tu fais ?". La réponse, je vous le mets dans le mille (paraphrase):"alors je suis allé chercher le retour de brise sous le vent de Chamoux et à l'ombre !" Des recettes comme ça, ça ne s'invente pas ! Il faut faire tourner ! Finalement 5ème de la manche, content. Je suis allé aux limites de ce que permettait mon tromblon je pense...

 

Ce qui fait une 5ème place au général. Pas si mal tout compte fait !

Merci aux bénévoles des Indiens pour cette belle compète ! Ah ils sont bons de chez bons !

 Beau week-end d'entraînement ! Content !

Et la vidéo de Thomas en prime:

 

Montlambert 2012 B, Manche 1 from thomas gury on Vimeo.

Bons vols !

10.03.2012

Petite virée suisse

06.03.2012

Du volume de vol !

Belle semaine de vol la semaine dernière ! De quoi reprendre ses marques, de se reconstruire un mental. Et pour cela rien de mieux que de faire du volume de vol, passer du temps en l'air. En plus avec une équipe de choc. Beaucoup de pilotes motivés et c'était bien sympa !

D'ailleurs le vol du dimanche, j'étais encore frileux. Conditions assez turbulentes, typique à la Côte quand il y a de l'Est.

Mais la folle journée du Lundi m'a tout de suite remis en selle(tte), et j'ai repris goût à l'enfonçage de barreau (bon ça a pas un grand effet avec une Omega 7) et au tranchage de thermique teigneux, sous le vent du Poupet par exemple ! Des thermiques enroulés sur une amplitude de 600 à 1000m, jusqu'à +5 intégré pour un plaf à 1500 (le déco est à moins de 600m) ! La Drifter est parfaite et le pilotage efficace. Que du bonheur ! Le mercredi sera moins bon mais bien sympa quand même.

Le vendredi, nous retournons sur le magic spot d'Echevannes dont je découvre de plus en plus le potentiel énorme. Finalement trois heures de thermique, bien teigneux et une petite ballade de 20 bornes avec Thomas dans la vallée. Ce fut une nouvelle fois un pur bonheur, et un moyen efficace de réveiller la technique endormie par ce long hiver...

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Et finalement, le dimanche, petit site de 40m de dénivelé... pour 1h30 de vol. Le jeu était de se poser au déco juste avant les hors cycles... Gagné ! Pas posé en bas avec en prime un petit 400m de gain !

Petite vidéo sympa de Romain pour mettre un peu de couleur là-dedans !

Parapente à Echevannes le 1 mars 2012 from romain on Vimeo.

Onze heures de vol ! Pas mal mais... il y a mieux à faire ! ;)